PEUT-ON RETROUVER LA PLASTICITÉ DE LA PELLICULE EN TOURNANT EN NUMÉRIQUE ?
Le caractère de l’image cinématographique dépend-il du support d’enregistrement ou des choix du directeur de la photographie ? Cet atelier constitue une tentative pratique de répondre à cette question. Nous ne chercherons pas à imiter l’esthétique argentique en postproduction, mais à construire consciemment le caractère de l’image numérique à chaque étape de sa création.
MATÉRIAU DE DÉPART : « UNE MAISON DE POUPÉE »
Nous travaillerons sur une scène du scénario de Une maison de poupée, un long métrage que je suis actuellement en train de préparer. L’atelier est organisé comme une véritable étape de préproduction et de tournage, avec l’ensemble du processus de prise de décision artistique et technique.
Le travail portera sur :
- l’analyse du scénario et de la dramaturgie de la scène
- le choix du point de vue de la caméra et de la perspective
- la conception de la lumière, du contraste et de l’exposition
- le choix des optiques et le travail sur la profondeur de champ
- les mouvements de caméra
- l’utilisation contrôlée des imperfections de l’image
Un seul critère guidera chacune de nos décisions : l’image sert-elle la scène ?
TOURNAGE : LA CAMÉRA NUMÉRIQUE COMME NÉGATIF
Nous considérons les images issues de la caméra comme un négatif, c’est-à-dire comme un point de départ pour le traitement ultérieur, et non comme une image définitive.
Sur le plateau, nous testerons l’influence de l’exposition, de l’éclairage, des optiques et de la filtration sur le caractère de l’image enregistrée. Nous chercherons à déterminer jusqu’où il est possible de construire la plasticité et la texture de l’image dès la prise de vues, et dans quelle mesure on peut s’éloigner du rendu neutre des caméras numériques contemporaines.
La scène sera tournée en plusieurs variantes. En modifiant certains paramètres individuellement, nous analyserons leur influence sur l’atmosphère, la tension et la perception de la scène.
POSTPRODUCTION : ÉTALONNAGE
L’étalonnage sera réalisé par Glen Castinho, coloriste au parcours international, spécialisé dans les images inspirées du rendu de la pellicule.
Nous aborderons l’ensemble du processus de traitement de l’image, depuis les fichiers issus de la caméra jusqu’à l’image finale :
- la préparation des images pour l’étalonnage
- la répartition des compétences entre le directeur de la photographie et le coloriste
- la communication et l’élaboration d’une conception visuelle commune, du tournage à la postproduction
ANALYSE
L’atelier se terminera par une analyse de la scène finalisée et par une comparaison des différentes variantes tournées sur le plateau.
La question de départ reste la suivante : qu’est-ce qui fait qu’une image nous paraît véritablement cinématographique ? La caméra, les optiques, la lumière, l’exposition, la couleur, la texture de l’image, ou bien l’association consciente de tous ces éléments ?
RÉSULTAT
Les participants suivront l’ensemble du cycle de création de l’image : de l’analyse du scénario au tournage sur le plateau, jusqu’à l’étalonnage final avec un coloriste, en travaillant sur des images issues d’un véritable projet de long métrage.
Je peux aussi en faire une version française un peu plus courte et plus promotionnelle, adaptée directement au site de Film Spring Open.